etoile

La béatitude.

Qu’y a-t-il de plus infâme, de plus vicieux ? de plus sournois ? de plus cruel que la béatitude ?

Quoi de plus sordide que cette soumission visuelle, cette acceptation intime de la supériorité extérieure, mais surtout et avant tout de la nullité intérieure. Quoi de plus horrible que cette acceptation bien tranquille de notre misère ? de notre saleté ? de notre banalité ?

Qui sommes nous, petits verres de terre amoureux des étoiles que nous irons polluer une à une.

Nous sommes la misère et l’apocalypse version puce miniature. Telles de petites cellules cancéreuses, nous colonisons petit à petit, doucement, discrètement, l’ensemble d’une surface, étendant de-ci de-la nos lianes mortelles avant que la fin ne soit proclamée. Triomphe suprême. Nous aurons détruit certes mais au moins nous aurons fait quelque chose. Presque inconsciemment, mais revendiquant malgré tout cet épais brouillard car confortable bien qu’inquiétant. Nous sommes des parasites. Je suis parmi vous.

Mais elles, ces étoiles, luisantes, lointaines, et que pourtant on croit pouvoir frôler du bout des doigts en plissant les yeux. Laissez les vivre. Laissez les briller, qu’une fois notre misérable et monstrueuse tache accomplie, nous puissions nous repaitre de leur beauté pour oublier nos vices. S’il vous plait. Laissez les briller.

Je serais la cellule cancéreuse parmi les cellules cancéreuses, cancer du cancer, solitaire dans la solitude de masse, qui décide dans sa monstruosité de combattre ses semblables, seuls qui auraient pu l’avaler, plutôt que de laisser mourir son idéal, ses idéaux, ses belles étoiles.

A vivre pour rien, je vivrai pour vous.