La Corneille

Balbutiments spirituels, littéraires, libertins, poétiques et mystiques... La Corneille, en quête d'absolu.

14 avril 2008

On rit, tu m'as fait boire...

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Juste quelques mots en souvenir d’une soirée de décadence, de têtes en farandoles, de corps allongés, nonchalants, encore…

Le liquide fruité, sucré qui coule dans mes entrailles fait éclore un sourire sur mes lèvres. Ca tourne. Je danse. Les yeux mi clos, les lèvres en demi-lune, si je ferme les yeux il n’y a plus que mon corps et la musique. Mes pensées se sont envolées, enfin. Les verres font sonner leur douce mélodie, l’alcool coule partout, par terre, en nous. On oublie tout.

Bruit d’eau. Voix masculine, ralentie par les volutes de fumée, enivrée par la tequila au coin des lèvres. Lui devant moi. Adossée au mur, la tête penchée sur le coté, la nuque exposée aux crocs de la nuit. Il me frôle, les lèvres toutes proches, sa main sur ma taille, son souffle sur mon visage. Parfums d’alcool, de cigarettes, et la musique bat toujours son plein. Lui face à moi, regard flamboyant échangés juste comme ça, pour rire.

Les verres valsent, les cendres tombent, les rires fusent, les corps las s’écroulent, s’effondrent, fondent peu à peu dans les coussins, sur les divans, par terre, dans les couvertures, sur les matelas. Les regards en biais se croisent, enflamment les corps et les cœurs. Les esprits embrumés s’affolent. Je me vois déjà une main sur ses reins, une autre dans sa nuque, passant dans ses cheveux. Front contre front, les yeux dans les yeux, avec l’angoisse de l’interdit au ventre. Pourtant, je sais qu’il sent comme moi ce magnétisme à l’éthanol qui nous aimante. Je le suis dans la chambre, loin des éclats de rire un peu fous. Le lit nous lance ses chants de sirène. Son bassin contre le mien, pourtant il n’y a rien que de la musique. On oublie tout. Envie de fumer, encore et encore, de boire, encore et encore. Chaque gorgée me fait oublier un peu plus la précédente. Plus de passé, plus d’avenir, que du présent en instantané ultra concentré. Folle envie de glisser ma langue entre ses lèvres, de goûter à sa bouche, à son odeur, à sa peau, à son corps. Mes yeux le déshabillent et j’imagine son torse luisant de sueur, le souffle court. Tout m’attire vers lui, et pourtant…

La mort des bouteilles sonne le glas de mes délires incandescents. Mes hallucinations voluptueuses meurent avec le dernier pétard écrasé dans le cendrier. Il s’effondre.

Je le relève, le soutiens. Son corps, enfin contre le mien, son bras autour de moi. Pourtant, je n’y pense même plus. La soirée a rendu l’âme avec les lumières qui une à une s’éteignent.

Il se jette sur son lit. Il n’est plus là. Les yeux fermé, le cerveau buté contre toute réalité. Me fuit-il ? ou dort-il vraiment ?

Dernier cadavre. Je ferme la porte sur ces corps enivrés, ensommeillés, débauchés, inconscients du monde qui continue à tourner. Je referme la porte sur ma débauche.

La cigarette aux lèvres, dernière de la nuit, dernière compagne. Dehors, il pleut, les lumières de la nuit se reflètent dans les flaques grises de la rue déserte. Je me glisse lentement dans mon lit, en oubliant mes rêves, prête, moi aussi, à tourner la page sur cette soirée de fantasmes ineffables.

Chut ! C’est un secret…

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13 mars 2008

De l'autre cote du miroir

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De l’autre coté du miroir… ma semblable

Dualité… combat, rivalité, fusion, effusion

Deux corps s’attirent, combattent, s’embrasent, s’embrassent

De l’autre coté du miroir… une autre

Altérité… attirance, séduction, passion, pulsion

Deux regards s’enflamment, des mains s’entrecroisent, des corps s'apprivoisent

De l’autre coté du miroir… un corps

Sensualité… plaisir, jouissance, abandon, féminité

Deux êtres se frôlent, s'étreignent, s’aiment, glissent et se tendent

De l’autre côté du miroir… deux êtres ne forment plus qu’un

Dans la dualité, l’altérite et la sensualité

Les courbes se fondent, se confondent, liées

Passer de l’autre coté du miroir

Saisir cet infime espoir

De l’autre coté du miroir… l’absence

... ou l’espérance

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10 décembre 2007

Hommage... à elle

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Elle, toutes les femmes de mes nuits, toutes les femmes de mes rêves

Là, elle irradie la salle de sa présence

Sur sa chaise elle semble trôner comme toute puissante sur son public

Danseuse, elle maitrise le moindre de ses mouvements, le moindre de ses regards       

Son corps ondule, se dresse brusquement, puis s’arrondi en un cambré délicieux

Regard de braise, sourire entendu… elle dévore des yeux ce public qu’elle fascine

Sa tête s’agite, ses cheveux volent

Ses mains se crispent sur les barreaux, s’agrippent et s’envolent

Ses jambes s’entrecroisent : exact, précis

Fasciné, le public est fasciné

Le public… c’est moi

J’observe, j’admire… je m’oublie en ce spectacle

Ses courbes, cette grâce, cette sensualité fluide qui ampli mes yeux

La musique coule en moi

Et elle fait partie d’elle

Elle n’est que musique

Incarnation des harmonies de la volupté

Je ne peux détacher mon regard d’elle

Je sens mes lèvres qui s’entrouvrent tant mon être tout entier est tendu vers elle

Elle en tant qu’incarnation de tout mes désirs

Pour moi ? pour une autre ?

Je ne sais pas… je sais du moins qu’elle m’aura marqué

Qu’elle m’aura appris la sensualité

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05 décembre 2007

Bouquet

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******

J'ai d'immenses pavots rouges qui poussent en mon esprit... Des envies de jasmins, de cattleyas enivrants... J'entends au loin le chant des blés verts dressés sous la caresse du vent, le murmure des algues invisibles sous les baisers du ruisseau. Mes yeux et mon âme, encore pleins des rayons qui s'écoulent dans la flore qui s'entrouvre pour goûter aux plaisirs de la nature qui s'éveille... Et mon corps, engourdi, encore tout plein de toi...

*****

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02 décembre 2007

Quand lettres et volupté s'entremelent...

... à vous, littéraires de mon coeur... toujours sur Impudique

Psyche300

Il est une légende qui raconte qu’une fille de roi osa être plus belle que la déesse Vénus. Celle-ci, extrêmement jalouse, demanda à son fils de la punir en la rendant amoureuse de l’être le plus monstrueux que la terre pouvait porter.

Or, il advint que le fils désobéit à la mère. Cupidon, le désir, était tombé amoureux de Psyché, l’âme. Après bien des péripéties dont je ne parlerai pas ici, les deux amants obtinrent de Jupiter et de Vénus, l’autorisation de se marier.

Et tout de suite, elle s’enflamma. Quoi ? C’est tout ? Où pouvait-elle trouver l’histoire entière de Cupidon, cet espèce d’Apollon miniature aux fesses rebondies, muni d’un arc dont il aurait pu apprendre le maniement avant d’oser s’en servir ! Mince alors ! Elle voulait les détails ! Elle aimait tellement les détails. Pourquoi fallait-il toujours qu’elle reste sur sa faim ? Pas envie de passer des heures derrière l’écran à demander à Google de lui chercher les renseignements. Marre !

La porte claqua sur le filet de fumée qui finissait de s’échapper de sa bouche. Cupidon. Cupidon, gros bouffon ! Cupidon, espèce de petit con ! Cupidon, tête d... Elle se mit à rire toute seule et tira la langue à un passant un peu trop surpris. Un quoi retentissant faillit sortir mais elle se retint, écrasant sa cigarette avant de la jeter dans une poubelle opportunément offerte.

Cupidon, laisse-moi rire ! Quand tu jettes ta flèche imbibée de désirs, tu pourrais atteindre la bonne personne, non ? Sinon à quoi ça sert qu’on ait la langue qui touche le sol en regardant l’autre avec des yeux énamourés telle la vache devant le seul train qui passe de la journée ? En plus, ça fait dégueu la bave au coin des lèvres. Les yeux exorbités aussi. En plus dans exorbité, il y a « ex » et puis... Bon. Si elle tentait de se calmer un peu ?

La porte de la bibliothèque municipale céda à ses avances sans qu’elle s’adressa une seule remarque acidulée. Le jeune bigleux boutonneux lui indiqua le rayon où se trouvait L’Ane d’or ou les métamorphoses d’Apulée. Elle était censée y trouver son bonheur. Sauf qu’elle n’en demandait pas tant ! D’ailleurs, de quoi je me mêle-je toi-vous ?

Apulée... Apulée... A pu. Apulée... Je prends ! D’un geste vif, elle ouvrit le livre et entama sa lecture.

*« Il y avait dans une ville, un roi et une reine. Ce roi et cette reine avaient trois filles d’une beauté remarquable. Les aînées, toutefois, si agréables qu’elles fussent à voir, n’avaient rien, semble-t-il, qu’une louange humaine ne pût célébrer dignement. De la plus jeune, au contraire, si rare, si éclatante, était la perfection que, pour en donner une idée, pour en faire même un suffisant éloge, le langage humain était trop pauvre. A telles enseignes que, gens du pays ou étrangers, tous ceux que la renommée d’un spectacle aussi unique assemblait en foule, empressés et curieux, restaient stupides d’admiration pour cette beauté sans égale, et, portant leur main droite à leurs lèvres, l’index posé sur le pouce levé, ils lui prodiguaient dévotement les mêmes marques d’adoration qu’à la déesse Vénus en personne. Déjà dans les villes voisines et les contrées environnantes le bruit s’était répandu que la déesse née du sein azuré des mers et formée de la rosée des vagues écumantes daignait, à tout venant, rendre accessible sa puissance et se mêler parmi la société des hommes, à moins qu’une création nouvelle des gouttelettes célestes n’eût fait germer non plus des flots, mais de la terre, une autre Vénus, parée de sa fleur virginale »

Il serait pas un peu pédant cet Apulée ?

*« Psyché a reconnu dans cette félicité l’effet d’une providence divine. Docile aux avis de la voix incorporelle, elle dissipe sa fatigue par un somme suivi d’un bain ; puis soudain elle découvre près d’elle un lit surélevé en forme de demi-cercle ; les apprêts d’un repas lui donnent à penser qu’il est mis là pour elle, afin qu’elle se restaure, et, de bon cœur, elle prend place. Aussitôt des vins semblables à du nectar et des plateaux chargés d’une abondance de mets variés sont placés devant elle, sans personne pour faire le service, et poussés seulement par un souffle. Elle ne distinguait cependant aucun être, elle ne faisait qu’entendre des paroles tombant de quelque part et n’avait que les voix pour servantes. Après un copieux festin, il entra quelqu’un qui chanta, sans se laisser voir ; un autre joua d’une cithare qui, de même que lui, resta invisible. Puis un morceau d’ensemble, exécuté par un grand nombre de voix, parvint à ses oreilles, en révélant, bien qu’aucun humain ne parût, la présence d’un chœur. »

Genre le type qui sous-entend déjà pas que la fille est d’une beauté extrême mais un chouia niaise !

*« Alors, à force de prières et en menaçant de mourir, elle arrache à son mari la permission tant désirée de voir ses sœurs, d’apaiser leur deuil, de s’entretenir avec elles. Et non content de céder de la sorte aux instances de sa nouvelle épouse, il lui accorde, en outre, tout l’or, tous les colliers dont elle voudra leur faire cadeau. Mais il lui recommande avec insistance, et de manière à l’effrayer, de ne chercher jamais, si ses sœurs lui en donnent le pernicieux conseil, à connaître la figure de son mari : curiosité sacrilège qui, du faîte du bonheur, la jetterait dans la perdition et la priverait pour toujours de ses embrassements. Psyché rend grâces à son mari, et déjà plus joyeuse : « Ah ! » dit-elle, « plutôt cent fois mourir que de ne plus goûter la douceur de notre union. Car je t’aime à la folie et je te chéris, qui que tu sois, à l’égal de ma vie ; non, Cupidon lui-même ne t’est pas comparable. Toutefois, à mes prières, je t’en supplie, accorde encore ceci : ordonne à Zéphyr, ton serviteur, de transporter mes sœurs par la même voie que moi et de me les amener ici. » Et tout en le couvrant de baisers séducteurs, en l’enivrant de tendres paroles, en l’enlaçant irrésistiblement, elle ajoute à ses caresses des noms comme « mon chéri, mon mari, douce âme de ta Psyché. » La force et le pouvoir des mots d’amour murmurés à voix basse triomphèrent du mari, qui, cédant à regret, promit tout ce qu’on voulut. Du reste, le jour approchait, et il s’évanouit d’entre les bras de sa femme. »

S’il pouvait abréger le père Apulée, ça m’arrangerait. Un mouvement d’air lui fit lever les yeux. Elle se perdit dans un regard céruléen. Ah non, hein ? Ça suffit les flèches ! Qu’est-ce qu’il me veut ce beau brun ? Il s’assoit et entame sa lecture sans dire un mot. Juste un sourire. Même pas carnassier le sourire. Dommage ! L’en est où de ces touche-pipi l’Apulée ? Ce qu’il est long à en venir au fait ! Et quelle gourdasse aussi cette Psyché !

*« L’autre reprend : « Et moi, donc ! Perclus, tordu de rhumatismes, et ne rendant pour cette raison que de rares hommages à mes charmes, voilà le mari que j’endure. Ses doigts déformés et durcis comme pierre, continuellement je les frictionne ; des compresses puantes, des linges sordides, de fétides cataplasmes brûlent ces mains délicates ; ce n’est pas d’une épouse dévouée que j’ai l’air, c’est d’une garde-malade que je tiens le pénible emploi. Pour toi, ma sœur, on voit avec quelle patience, ou plutôt, pour m’exprimer avec franchise, quelle servilité tu supportes tout cela. Mais moi je ne saurais souffrir davantage la vue d’une telle félicité échue à une indigne. Souviens-t’en, en effet : quelle morgue, quelle arrogance dans sa conduite à notre égard ! Dans l’insolent étalage de son faste, comme elle a laissé paraître l’orgueil qui gonfle son cœur. Et de toutes ces richesses, elle nous a jeté quelques miettes, à regret ; puis aussitôt, importunée de notre présence, elle nous a fait mettre à la porte, balayer par le souffle du vent, chasser sous ses sifflements. Je veux n’être pas femme et ne respirer point, si je ne la précipite d’une si haute fortune. Si toi aussi, comme il est légitime, tu ressens la blessure de notre affront, cherchons à nous deux un plan de conduite énergique. Et d’abord, de ce que nous rapportons, ne montrons rien à nos parents ni à qui que ce soit ; ignorons même si seulement elle est en vie. C’est assez d’avoir vu nous-mêmes ce que nous voudrions n’avoir point vu, sans aller encore auprès des auteurs de nos jours et par le monde entier en trompeter l’heureuse nouvelle. Car ils ne sont pas heureux, ceux dont personne ne connaît les richesses. Elle apprendra qu’elle a en nous non des servantes, mais des sœurs aînées. Pour le moment, retournons auprès de nos maris, allons revoir nos pauvres lares, où règne du moins la frugalité ; prenons notre temps, réfléchissons, et mettons-nous en mesure de revenir plus fortes pour châtier l’orgueil. »

Ah ben tiens, on dirait ma frangine ! Salope va ! Quoi ? « Quoi quoi ? J’ai dit quelque chose ? Pardon. Excusez-moi. C’est sorti tout seul ! » Mais il m’énerve lui avec ses yeux bleus. En plus, il en a deux. Et même pas qui louche ! Et son sourire... Bon, elle en est où cette dinde ? Mouarffffffffff. En parlant de dinde... Euh non, Psyché et Cupidon tête d’oignon. Allez go !

*« Psyché ne peut pas se rassasier, dans sa curiosité, d’examiner, de manier. Elle admire les armes de son mari, tire une flèche du carquois, en essaie la pointe sur son pouce, d’un doigt qui tremble encore appuie un peu plus fort, se pique assez avant pour qu’à la surface de la peau perlent quelques gouttelettes d’un sang rosé. C’est ainsi que, sans le savoir, Psyché se prend elle-même à l’amour de l’Amour. Le désir brûle en elle, de plus en plus ardent, de l’Auteur des désirs : elle se penche sur lui, haletante d’envie, le dévore avidement de larges baisers passionnés, tout en craignant d’abréger son sommeil. Mais, tandis que, le cœur défaillant, elle s’abandonne, irrésolue, à cet émoi plein de délice, la lampe, soit basse perfidie et malice jalousie, soit impatience, elle aussi, de toucher et comme de baiser ce beau corps, laissa tomber de sa mèche lumineuse une goutte d’huile bouillante sur l’épaule droite du dieu. Ah ! lampe audacieuse et téméraire, servante infidèle de l’amour ! Brûler le maître même du feu, quand c’est un amant, souviens-t’en, qui, pour posséder plus longtemps et jusque dans la nuit l’objet de ses désirs, t’a inventée le premier. Le dieu, sous la brûlure, bondit, et quand il vit sa foi trahie et souillée, il s’arracha aux baisers et aux embrassements de sa malheureuse épouse et s’envola sans mot dire. »

Pffffffffffff plus c’est long, plus c’est bon mais là...

*« Elle dit et fond sur elle, met ses vêtements en pièce, lui arrache les cheveux, lui heurte et lui meurtrit cruellement la tête. Après quoi, elle se fait apporter des grains de blé, d’orge, de millet, de pavot, de pois chiche, de lentille et de fève, les mêle à pleines poignées et les confond en un seul tas ; puis, s’adressant à Psyché : « Laide comme tu l’es », dit-elle, « j’imagine qu’une esclave n’a d’autre moyen, pour gagner les bonnes grâces de ses amants, que son dévouement à son service. Eh bien ! je veux, moi aussi, éprouver à quoi tu es bonne. Démêle-moi l’amas confus des semences que voici ; sépare les grains un à un et les trie avec ordre : il faut qu’avant ce soir tu aies expédié cet ouvrage et le soumettes à mon approbation. »

Hé hé. Elle est trop forte la mère Vénus quand elle s’y met ! Quoi encore zieux bleus ? T’as un problème ? Il m’énerve avec son sourire fondant ! Il m’énerve !

*« Eh quoi ! », dit-elle, « suis-je assez sotte de porter la beauté divine sans en prélever même une parcelle pour moi et plaire ainsi, qui sait ? à mon bel amant. » Et, tout en parlant, elle ouvre la boîte. Mais dans la boîte, rien du tout ; de beauté, pas la moindre trace ; rien qu’un sommeil infernal, un vrai sommeil de Styx, qui, sitôt que le laisse apparaître le couvercle, l’envahit, répand sur tous ses membres une épaisse vapeur léthargique, et l’étend, saisie, sur le chemin, à la place même où elle posait le pied. La voilà gisante, immobile : bref, un cadavre endormi »

Conne ! Conne, conne ! Triple conne ! Et toi, si tu oses me regarder avec tes deux zieux bleus, je t’assomme ! Et pourquoi il ne lève pas la tête ? Et pourquoi il continue de lire ? Il m’énerve alors !

*« A l’instant est servi un abondant repas de noces. Sur le lit d’honneur était couché le marié, qui tenait Psyché dans ses bras ; puis Jupiter avec sa Junon, et tous les dieux, chacun à son rang. La coupe de nectar, qui est le vin des dieux, était présenté à Jupiter par le jeune pâtre son échanson ; Liber servait les autres, Vulcain faisait la cuisine, les Heures empourpraient tout de roses et d’autres fleurs, les Grâces répandaient des parfums, les Muses faisaient entendre leurs voix harmonieuses. Puis Apollon chanta en s’accompagnant sur la cithare, et Vénus, ajustant ses pas à cette douce musique, dansa gracieusement, après s’être composé un orchestre où les Muses exécutaient un chœur, tandis qu’un Satyre jouait de la flûte et qu’un Panisque enflait son chalumeau. C’est ainsi que Psyché passa selon les rites sous la puissance de Cupidon. Et quand le terme fut arrivé, il leur naquit une fille, que nous nommons Volupté. »

AMEN ! Aucune réaction ! Serait-il mort ? Et si je lui demandais l’heure ? Sauf qu’une pendule exhibe ses aiguilles juste sur le mur d’à côté ! Je sais. Elle farfouilla dans son sac pour retrouver ce fichu stylo qui prenait toujours un malin plaisir à s’y planquer, griffonna quatre mots sur un bout de papier arraché à son carnet et le glissa dans le livre. Sans plus attendre, elle sortit. Après tout, elle avait appris les détails de la vie de Cupidon le gros bidon, non ?

Quand il ouvrit l’ouvrage abandonné, il découvrit ses mots « Et si c’était vrai ? » Il sourit. Il fallait qu’il retrouve cette fille. Vraiment.

*Extraits traduits par Alain Lassine

posté par Cali Rise

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Trouvaille... chambre 419

Fumee_cigarette400_7Je détourne du regard cette porte qui violemment t’engloutit. Tandis que tes pas résonnent dans la cage d’escalier, je me réfugie invariablement dans mon rituel tabagique. Prisonnière de mes envies, je m’enferme dans cette cage de volutes, pure extension de mon désir, prolongement de ma jouissance. J’ai besoin d’une seconde bouffée d’amour. Me la donneras-tu ? Oui ! Je sens déjà les caresses intérieures de la nicotine qui me raccrochent aux souvenirs délicieux de nos minutes passées...

Je t’ai voulu ! Comme à chaque fois, tu es accouru en faisant semblant d’être tranquille, en dissimulant cet empressement, ce désir obscène qui illumine tes yeux. D’un simple claquement de doigts, je t’ai allumé. Mon corps impatient qui t’aspirait fiévreusement t’a enflammé, t’a rendu incandescent. Douce sensation qui à nouveau m’envahit. Je bloque mon souffle. « Reste... ! » Je t’ai supplié du regard. Juste encore quelques instants, au plus profond. Tu t’es alors répandu en moi. Je revois ma tête chavirer pour mieux t’expulser, vide de substances. Homme, je te consomme !

A peine quelques secondes et mon emprise s’est évanouie. Je hais ta froideur subite, cette indifférence avec laquelle tu me quittes à chaque fois. Ton parfum imprègne mon corps tout entier mais déjà je ressens ce manque, cette folle accoutumance qui doucement refait surface. Je ne veux pas affronter cette redoutable descente. Encore une taffe, s’il te plaît ! Homme, je suis accro !

Inutile de poser les yeux sur cette fenêtre, je sais que tu ne te retourneras pas. Cesse donc de me narguer ainsi, ta désinvolture n’est qu’un masque. Tu me reviendras. Tu as bien trop peur. Tu ne supporterais pas d’être remplacé. Blond ou brun, que m’importe ! Tu sais que je ne résiste à aucun philtre. Homme, je te consume !

Auteur Chambre 419

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L'alchimiste et le vers luisant

Fumee_cigarette400_7Il était une fois un alchimiste et un vers luisant…

L’alchimiste… sa guitare… ses cheveux qui bouclent sur sa nuque… ses yeux pleins de douceur...

son sourire comme une excuse… de quoi ? Sa voix comme une caresse mystérieuse des choses inexplorées…

sa présence comme un doux réconfort…

Le vers luisant… faisant valoir sa plus belle voix, enchanteresse…

roulant et se déroulant en une danse qui se veut envoutante… les yeux baissés comme en marque de fragilité…

volutes de fumée où se perdent ses regards incendiaires…

L’alchimiste tend ses lèvres…

Le vers luisant se contracte en des accords voluptueux…

Les êtres se transforment… métamorphose

Tout se retrouve changé à la lueur du feu…

Le sortilège a fonctionné… le vers luisant s’est peu a peu transformé en un souple félin

qui s’en roule et se blotti dans la chaleur d’une courbe…

en un oiseau de proie aux serres acérées qui fond sur sa proie et enfonce ses griffes en ses parties charnues…

en une gazelle assoiffée, affolée, qui se raccroche, s’abreuve aux sources du plaisir…

                                                                                                   

Dans la pénombre, les corps s’entremêlent, les êtres se transforment, métamorphose…

liquide qui s’écoule en perle sulfureuse et qui s’élève, vapeur éthérée qui s’essouffle entre mes lèvres…

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06 octobre 2007

Pour vous...

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J’écrirai pour chacun de vous les mots de la volupté

J’écrirai pour chacun d’entre vous le désir qui m’étreint

J’écrirai pour vous les sens qui s’étirent

J’écrirai pour vous l’Absolu d’un instant

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Tu as confiance en moi?

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Ah Petit Bonhomme…

Te retrouver… après ce temps…

Pouvoir enfin te regarder avec les yeux de la liberté

Pouvoir hasarder un sourire sur ton tendre visage

Sur tes lèvres qui me rappellent des moments de plus grande proximité

Ah Petit Bonhomme…

J’ai des envies de te demander « Tu as confiance en moi? »

Envie de te vendre du rêve bleu, de t’emmener au 7e ciel sur un tapis dessiné

Envie de t’offrir l’ultime présent

Ah Petit Bonhomme…

Cette voix comme une caresse pour le sens

Ce sourire comme une promesse d’innocence

Ces mains comme une vision du plaisir

Ah Petit Bonhomme…

Je te dirais peut-être un jour ma bouche contre la tienne

Je te dirais peut-être un jour mon corps contre le tien

Je te dirais peut-être un jour mon souffle dans le tien

Je te dirai peut-être un jour nos désirs enlacés au matin.

Ah Petit Bonhomme…

Tu réveilles en moi des rêves d’un autre temps

Tu réveilles en moi des folies de grands enfants

A toi mon frère incestueux, à toi mon amant d’autre fois

A toi mon ami d’aujourd’hui, à toi mon rêve à venir

« Tu as confiance en moi? »

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04 octobre 2007

Nathanaël, emmène-moi...

elma_nathanaelNathanaël, je te dirai peut-être un jour l’effondrement du rêve, la déchirure du jour sur le corps ensommeillé.

Nathanaël, je t’apprendrai la force de vivre, la force de faire face à l’éveil du matin, plus dur et plus froid chaque jour.

Nathanaël, tu sentiras ta vie affleurant dans tes veines et dans chaque parcelle de ton corps. Tu sentiras ton souffle se figer dans la torpeur du froid qui tombe, de l’antre chaud et humide qui s’évapore.

Nathanaël, je te dirai pourtant combien il faut y croire et renouveler sans cesse l’espoir du rêve pour y baigner tes pieds nus. N’appelle pas de tes vœux la submersion voluptueuse, juste la fraicheur d’une goutte évanescente sur tes lèvres déposées.

Nathanaël, je te confirai mon âme si tu me promets de me comprendre, si tu me promets de m’emmener loin, hors de moi-même, vers la voute céleste où l’Absolu m’attends. Peint-moi, dessine-moi, écrit-moi, fait de moi ta créature je serais tienne si tu sais me prendre.

Nathanaël, ait pitié de ta douce maitresse qui te confie son cœur et répare les erreurs de tes prédécesseurs. Nathanaël, mon amour, je te suis, emmène-moi, et montre-moi que le rêve, notre rêve, lui, ne se déchirera pas, que le sommeil, notre sommeil sera sans crépuscule.

Je veux être telle la nuée, éternelle et mystérieuse, disparaissant dans le levant.

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